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2016-10-19T12:22:01+02:00

On vit en pensant qu'on a le temps mais on oublie souvent que notre temps est compté.

Publié par Monjournal-intime
On se dit qu'on a le temps, que les choses viendront quand ce sera le bon moment. Mais quand ta vie devient un compte à rebours, tu réfléchis différemment. Tout est remis en perspective et, devant l'urgence, les priorités changent.
Gilles Legardinier 
 

 

Quand j'ai su qu'il ne me restait plus que quelques mois à vivre, je ne voyais plus les choses de la même façon.
Il y a d'abord eu la colère. Une haine profonde qui s'est installée dans mon cœur et qui se propageait à son aise dans mes veines. J'en voulais à la terre entière. A ceux qui n'étaient pas là pour moi, ceux qui s'étaient tirés, et j'en voulais aussi paradoxalement à ceux qui étaient là. Ils n'avaient pas les bons mots, les bons gestes, ils ne savaient pas comment agir avec moi. Il aurait été préférable de ne pas perdre de temps à être rancunière et aigrie : mais c'était plus fort que moi, et c'était ma façon à moi de sentir que j'étais toujours bien vivante. Etre en colère c'était ma bouée de survie. La seule dignité qu'il pouvait encore me rester... Alors je me suis éloignée de tout le monde en guettant discrètement derrière moi pour voir qui allait me suivre. J'ai dû cacher ma peine en voyant qu'il n'y avait plus grand monde au loin. Quand vous êtes en fin de vie, plus rien n'est pareil. D'une manière générale quand la vie devient sombre, qui est réellement là pour vous ? La vérité est qu'on est seule face aux grandes tornades de la vie. 

Déjà gamine quand mon père était violent avec nous, j'étais seule, quand j'ai échoué à mon concours j'étais seule. Devant le médecin qui tentait de trouver les mots pour me dire que j'allais bientôt mourir, j'étais seule. Quand la douleur me brûlait le cerveau et le corps j'étais seule, quand je pleurais le soir tout ce que j'avais retenue en moi de la journée, j'étais seule. Et c'était la vie. Je ne voulais plus faire semblant, alors j'envoyais valser ceux qui n'étaient pas sincères, à quoi bon faire les hypocrites maintenant ?
Puis la colère à finit par s'estomper, rien ne servait de faire payer au monde entier ma peine, au fond personne n'y pouvait rien. La maladie était arrivée d'un coup sans demander la permission en dévastant nos vies, enfin, surtout la mienne. Alors j'ai scotché un sourire sur mon visage et j'ai été reconnaissante envers mes amis, mes pierres précieuses, qui m'avaient supporté jusqu'à maintenant et étaient resté toujours auprès de moi. J'aurais voulu leur rendre tout ce qu'ils faisaient pour moi, mais rien n'était jamais à la hauteur...
C'est là que le temps des regrets a montré le bout de son nez. Je regrettais tout ce que j'avais pu faire de mal, mais ma fierté m'empêchait de m'excuser... Je regrettais toutes les choses de la vie que l'on peut regretter, ces occasions que l'on a pas su saisir, ces mots que l'on a pas su dire... Derrière les regrets se cachait la nostalgie. Je me souviens d'un soir d'été, allongée sur l'herbe de mon jardin, j'observais les étoiles en repensant à ce que j'avais fait de ma vie jusqu'à maintenant. J'étais partagée entre fierté et tristesse. Je ne pouvais nier le fait que j'avais toujours tenté d'être droite et honnête, je n'avais pas baissé le regard devant les gens, devant la vie, j'avais toujours cru en mes idées jusqu'au bout, c'était la force de caractère que ma mère m'avait transmise et c'était mon unique fierté. Néanmoins j'étais triste d'avoir perdu du temps à aimer des personnes qui ne le méritaient pas, de m'être battue pour eux parfois plus que pour moi. J'avais toujours vécu comme si la vie était éternelle, je me suis perdue dans des futilités et maintenant j'étais forcée d'admettre que j'avais eu tort : la vie peut basculer à chaque instant de chaque jour. Et ce, pour n'importe qui. On n'est jamais préparé à ce que la vie nous a réservé.
 
La peur a alors fait son entrée en scène sans attendre son tour. Et après ? que va-t-il m'arriver ? Vais-je souffrir ? Autant de questions qui m'ont tourmenté des nuits entières. Mais, bien sûr durant ces mois qui ont filé à une vitesse incroyable, j'ai dû mettre en avant mes plus beaux talents d'actrice : ne jamais craquer devant personne. Voilà la règle la plus importante de ma comédie. J'apprenais au fur et à mesure à faire bonne figure, à ne pas montrer mes faiblesses, mes peurs qui broyaient mon coeur, à sourire naïvement devant mes amis qui me donnaient espoir. Puis j'ai fini par réaliser que plus rien n'était entre mes mains si ce n'est la volonté de me battre jusqu'à mon dernier souffle et de profiter au maximum de ceux que j'aime.
 
Quand la vie nous désarme et nous met à terre on a deux choix : rester au sol et s'avouer vaincu ou mettre toute sa force pour tenter de se relever et tenir debout. Moi, j'ai choisi mon camp, et vous ?
 
© titre et texte persos interdit de plagier.
 

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commentaires

Hugh 20/10/2016 15:27

J'aime beaucoup.
Ton histoire mérite d'être vécue. Elle mérite d'être racontée.

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