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2017-07-11T14:29:57+02:00

On va recoller les morceaux de nos coeurs brisés, on va réapprendre à vivre, j'te le promets que l'on va se battre ensemble mon amour

Publié par Monjournal-intime

 

J'ai rêvé de nous deux cette nuit. Et tu vois tout se passait super bien dans ce rêve, plus de disputes, plus de doutes, plus de distance ni de mots glaciales. Nous nous entendions à merveille alors je me suis laissée aller à cette version de nous deux magique mais imaginaire.

J'y ai vraiment cru tu comprends ?
Tout semblait réel. Je pouvais sentir ton parfum préféré, ta peau contre la mienne, la tendresse de nos doigts qui s'entremêlent... Je me souviens que le ciel était bleu, et que nous nous aimions encore, comme au premier jour. Comme si rien ne s'était passé, comme

si ce terrible accident n'était jamais arrivé... J'ai vu les yeux clairs de notre Nina. Oui, elle était là notre petite poupée, je me souviens des échos de son rire d'enfant résonner dans tout mon corps.

Puis je me suis réveillée.

Et alors, c'était tellement dur de constater que tout n'était que dans ma tête, le fruit sûrement de ce que je souhaitais retrouver. Dur d'accepter la douleur atroce du manque qui tambourine dans la poitrine, cette claque en plein visage qui me rappelle, que oui, Nina est partie. Que non, plus rien ne sera jamais pareil. 
D'abord, j'ai pleuré. J'ai pleuré comme une pauvre madeleine abandonnée et qui fait peine à voir. J'étais seule dans notre grand lit, sans savoir une fois de plus où tu avais bien pu passer la nuit et j'ai pleuré comme ça je crois plusieurs minutes, ou peut-être bien plusieurs heures, qui sait, j'ai eu l'impression de me noyer dans mon océan de larme. Ça fait toujours un peu de bien de pleurer, même si rien ne change, même si ça n'a pas fait revenir Nina, j'ai eu l'impression de m'épuiser, me vider, comme une éponge qui se vide de toute son eau et qui se sent légère. D'un côté je peux dire que ça allait un peu mieux puisque je n'avais finalement même plus la force d'avoir mal.

On a beau rêvé, vouloir à tout prix retrouvé un bonheur passé qui s'est enfui, et même si on croit parfois le toucher du bout des doigts, la réalité nous rattrape toujours en plein vol. Ma réalité à moi m'a planté un couteau dans le ventre, une fois de plus.

Le jour de l'accident quand j'ai ouvert les yeux dans la voiture, je me souviens d'un bruit aigüe qui m'assourdissait et d'une douleur qui compressait ma poitrine. Je n'avais pas la force de bouger mais je me suis souvenu que j'étais seule avec Nina et alors la peur m'a forcé à la chercher. Notre Nina. Notre bébé. Le fruit de notre amour si fort, notre enfant que nous avions tant voulu et attendu. Je garderai alors toujours cette image en tête : Nina qui traverse de son petit corps de plume le pare-brise de la voiture. La couleur rose de sa jupe. L'odeur amère du sang qui coulait partout. L'envie de crier de toutes mes forces. Et la sensation de ne plus pouvoir respirer. De ne jamais plus savoir comment respirer de nouveau.
Je venais peut-être de perdre mon enfant.
Et puis il y a eu les médecins, les infirmières attachantes, et les autres, les hôpitaux, et ce soir où tu es venu en larme dans ma chambre au mur blanc. Tu m'as regardé sans dire un mot et j'ai su. J'ai su que c'était la fin. Pour elle et pour nous. Ma Nina était partie à seulement 5 ans. Notre monde allait s'arrêter de tourner correctement, tout allait s'effondrer sans plus jamais se reconstruire. On ne reconstruit pas ce genre d'histoire. 

Alors, oui, ce matin, en ouvrant les yeux dans notre lit, en touchant ta place qui était froide, j'ai pleuré de nouveau. Je pensais ne plus avoir de larme dans mon corps, je me suis trompée. 
Mais j'ai aussi compris quelque chose d'important je crois : il faut que l'on avance. On ne peut plus vivre comme ça dans des souvenirs douloureux, en espérant la retrouver partout et ailleurs. Nous devons nous efforcer de réapprendre à vivre, même maladroitement, essayer de recoller les morceaux de nos cœurs brisés un à un s'il le faut. A deux on peut sûrement s'en sortir. Si on ne le fait pas pour nous, Tom, nous devons le faire pour elle.
Elle aurait voulu que l'on vive.
Alors choisissons la vie.

© texte et titre persos

 

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